RDC : Joseph Kabila appelé à sceller une « alliance spirituelle » avec le Grand Kasaï avant tout dialogue

Alors que la classe politique congolaise observe avec attention les initiatives de médiation menées par la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO), une déclaration inattendue vient rebattre les cartes du débat national.

L’Apôtre Wanzambi Patrick, président du Conseil National des Apôtres au Congo (CNAC), estime que l’avenir politique de Joseph Kabila et, par ricochet, celui de la République démocratique du Congo dépend d’un préalable inédit : la conclusion d’une alliance spirituelle avec l’espace du Grand Kasaï.

Selon le chef religieux, la crise que traverse le pays ne saurait trouver une issue exclusivement dans les négociations politiques classiques. S’inscrivant dans l’héritage du Simon Kimbangu, qui prônait une libération spirituelle comme fondement de toute émancipation socio-politique, il pose une condition claire : avant toute dynamique de dialogue, l’ancien président devrait conclure des « accords spirituels et politiques » avec les communautés kasaïennes.

Dans cette lecture mystique de la situation nationale, les tensions actuelles seraient les manifestations visibles d’une rupture plus profonde, d’ordre invisible. Tant que cette réconciliation ne sera pas opérée, prévient-il, le pays demeurera enfermé dans un cycle d’instabilité susceptible d’emporter l’ancienne classe politique au profit d’une nouvelle génération portée par la volonté populaire.

L’Apôtre relativise par ailleurs l’impact du Mouvement du 23 mars (M23), qu’il décrit comme un instrument conjoncturel dont l’effacement serait déjà « acté dans le monde spirituel ». À ses yeux, le véritable enjeu réside moins dans les menaces sécuritaires que dans la posture de Joseph Kabila, présenté comme un acteur expérimenté désormais confronté à une épreuve de sincérité et d’humilité.

Ce n’est pas la première interpellation publique de l’Apôtre Wanzambi à l’endroit des plus hautes autorités. En mars 2024, il avait déjà alerté le président Félix Tshisekedi sur les turbulences à venir, l’exhortant à privilégier des solutions internes plutôt qu’extérieures.

Aujourd’hui, le message se veut sans ambiguïté : pour une frange de leaders religieux, la scène politique congolaise serait entrée dans une phase où le spirituel précède désormais le diplomatique. Une équation singulière qui place l’humilité au cœur de toute perspective de sortie de crise.

Christian Nyamabu Kabeya

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