Kinshasa : Me Michel Kibonge, cadre de l’UDPS/Tshisekedi, recadre l’Honorable Bahati Lukwebo

Le Secrétaire national de l’UDPS/T, Me Michel Kibonge Nyekuma, a vivement réagi ce 5 mars 2026 aux propos tenus par l’Honorable Bahati Lukwebo. Selon lui, réduire les difficultés institutionnelles de la République démocratique du Congo à un simple problème « d’hommes » et non de textes relève d’une analyse biaisée et opportuniste.

Pour Me Kibonge, dans un État démocratique, tout commence par des règles claires et cohérentes. Les institutions ne peuvent fonctionner harmonieusement que si leur socle juridique est solide. Les responsables politiques, aussi expérimentés soient-ils, doivent se conformer aux textes, lesquels doivent être adaptés aux réalités nationales et capables d’accompagner l’évolution de la société.

Il rappelle que la Constitution actuelle, en vigueur depuis près de vingt ans, comporte des zones d’ombre et des ambiguïtés, notamment dans ses articles 51 et 217. Son exposé des motifs, issu du Dialogue inter congolais de Sun City, reflète avant tout un compromis politique entre anciens belligérants, plutôt qu’une expression directe de la souveraineté populaire. Cette origine soulève, selon lui, des interrogations légitimes sur la cohérence et la légitimité de certaines dispositions.

Dans un contexte où certains acteurs politiques tiennent aujourd’hui des discours assimilés à des projets de fragmentation du pays, Me Kibonge estime qu’il est légitime que le peuple congolais s’interroge sur l’adéquation des fondements institutionnels hérités de cette période. Le peuple, en tant que souverain primaire, doit pouvoir décider d’une révision ou d’un changement de Constitution si cela s’avère nécessaire pour préserver l’unité nationale et la stabilité institutionnelle.

Il regrette par ailleurs qu’un membre de l’Union sacrée, qui n’a jamais dénoncé avec fermeté les agressions répétées contre le pays, choisisse de contredire publiquement l’intention du Chef de l’État d’ouvrir une réflexion sur cette question cruciale. Selon lui, la loyauté aurait commandé de partager ses réserves dans un cadre institutionnel plutôt que par une sortie médiatique devenue virale.

Me Kibonge appelle enfin à la maturité politique et à la vigilance des militants de l’UDPS/T et du peuple congolais. « La Constitution n’est pas un dogme intangible, mais un instrument au service de la Nation. Si elle ne garantit plus pleinement la cohésion nationale et l’expression authentique de la volonté populaire, il appartient au peuple souverain d’en décider l’évolution », a-t-il conclu, insistant sur la primauté de l’intérêt supérieur de la Nation.

Obed Kanyinda

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