
« Parti de l’AFDC depuis 2022 pour rejoindre l’AUN, où il a été candidat en 2023 avec 427 voix, Thierry Betu cherche aujourd’hui à s’immiscer dans les affaires internes du parti », dénonce Armand-Michel Munkulu, cadre et communicateur de l’AFDC.
La crise interne qui oppose certains cadres à la direction de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC) continue de susciter des réactions. Armand-Michel Munkulu, cadre et communicateur du parti cher au professeur Modeste Bahati Lukwebo, s’est dit étonné par ce qu’il qualifie d’« usurpation » de la part du député national Thierry Betu, accusé de vouloir déstabiliser l’AFDC.
Dans un entretien accordé ce dimanche 6 septembre 2026, Armand-Michel Munkulu dénonce les « idées noires » de Thierry Betu et conteste sa qualité pour convoquer le président statutaire de l’AFDC devant une prétendue commission de discipline.
Selon lui, Thierry Betu aurait quitté l’AFDC depuis 2022 pour rejoindre le regroupement politique AUN de Willy Mishiki. Il affirme que celui-ci avait ensuite été candidat député national à Mbuji-Mayi sous cette nouvelle bannière, obtenant 427 voix.
« Thierry Betu n’est plus membre de l’AFDC, car il avait adhéré au regroupement politique AUN avec Willy Mishiki depuis 2022 », soutient Armand-Michel Munkulu, qui remet également en cause les prétentions de certains protagonistes à se présenter comme fondateurs historiques du parti.
Le communicateur rappelle qu’à la création de l’AFDC, le parti comptait, selon lui, trois membres fondateurs : Modeste Bahati Lukwebo, Jean-Collins Musonda et Franklin Tshiamala. Ces deux derniers ayant depuis quitté la formation politique, Modeste Bahati Lukwebo serait aujourd’hui, selon Munkulu, le seul membre fondateur encore à la tête du parti.
Il s’étonne dès lors de voir certains acteurs, qui auraient participé au 4ᵉ Congrès de l’AFDC, remettre aujourd’hui en cause les résolutions issues de ces assises.
« Otto Bahizi, Shetebo et Espérance Balume ont régulièrement participé au 4ᵉ Congrès et ont tous voté les résolutions sans réserve, y compris celle portant réélection du président national statutaire, le professeur Modeste Bahati Lukwebo », affirme-t-il.
Armand-Michel Munkulu accuse par ailleurs certains responsables politiques de l’Union sacrée de chercher à instrumentaliser ces acteurs dans le but de fragiliser l’AFDC et son autorité morale. Des accusations qu’il présente comme une tentative de s’emparer du parti et de son patrimoine.
Des accusations judiciaires
Le cadre de l’AFDC affirme également que certains protagonistes seraient poursuivis devant le parquet général près la cour d’appel de Kinshasa/Gombe pour des faits qu’il qualifie notamment d’imputations dommageables, de rébellion et d’usurpation.
Il dénonce, dans ce contexte, de supposées interventions visant à empêcher l’exécution de certaines décisions judiciaires.
« À chaque fois que ces gens sont convoqués ou appréhendés, des tireurs de ficelles s’interposent en donnant des injonctions aux magistrats en vue de les protéger », affirme-t-il.
Bahati présenté comme le principal financier du parti
Armand-Michel Munkulu revient également sur le financement des activités de l’AFDC. Il soutient que Modeste Bahati Lukwebo aurait personnellement pris en charge les cautions des candidats députés nationaux, députés provinciaux et conseillers communaux lors des élections de 2023, ainsi que certains frais liés à la campagne électorale.
Il s’interroge dès lors sur les revendications de certains acteurs se présentant comme fondateurs du parti.
« Par quel mécanisme diabolique Thierry Betu deviendrait-il fondateur pendant qu’à la création de l’AFDC, il était encore militant au MLC ? », s’interroge-t-il.
Le patrimoine de Bahati au cœur de la polémique
Autre point soulevé par le communicateur : les biens immobiliers et autres actifs utilisés par l’AFDC et l’AFDC-A à Kinshasa comme dans les provinces.
Armand-Michel Munkulu affirme que ces biens seraient des propriétés privées de Modeste Bahati Lukwebo et qu’ils n’auraient jamais été cédés au parti.
Il rappelle à ce propos le parcours entrepreneurial du président de l’AFDC, évoquant notamment ses activités dans l’immobilier, l’agroalimentaire, l’industrie du ciment, le transport et l’hôtellerie, ainsi que des titres miniers.
Pour lui, les revendications portant sur certains biens, notamment le siège du parti, traduisent une volonté de s’approprier un patrimoine qu’il considère comme privé.
Munkulu interpelle Félix Tshisekedi
Armand-Michel Munkulu dénonce enfin la présence d’une importante escorte policière autour d’Otto Bahizi, qu’il accuse d’avoir pour objectif de faire obstacle à l’exécution de mandats judiciaires.
Face à cette situation, il sollicite l’implication personnelle du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, présenté comme la Haute Autorité de référence de l’Union sacrée, afin de mettre fin à ce qu’il qualifie de « jalousie à outrance » de certains caciques de cette plateforme politique envers Modeste Bahati Lukwebo.
Le cadre de l’AFDC réaffirme, en conclusion, la fidélité des militants et cadres du parti à leur président statutaire et autorité morale.
« L’AFDC demeure attachée à son unique président statutaire et autorité morale, l’honorable sénateur professeur Modeste Bahati Lukwebo », insiste-t-il, assurant que les membres du parti sont déterminés à défendre leur formation politique et le patrimoine qu’ils lui associent.
LA RÉDACTION