La perspective d’une révision de la Constitution ravive les tensions au sein de la majorité présidentielle. Dans ce contexte, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo, membre du Présidium de l’Union Sacrée, s’est exprimé avec des positions qui s’écartent sensiblement de la ligne officielle.
Dans une déclaration publique, il a affirmé que « le pays n’a pas de problème de textes, le pays a un problème d’hommes », ajoutant que « quand on aime son chef, on lui dit la vérité » et invitant ceux qui souhaitent modifier la Constitution à s’asseoir autour d’une table pour en discuter. Ces prises de position ont immédiatement suscité la réaction de Deo Bizibu Balola, secrétaire général adjoint de l’UDPS/Tshisekedi.
Selon lui, Bahati Lukwebo ne peut prétendre ignorer que des discussions sur la relecture de la Constitution ont déjà eu lieu au sommet de l’État et au sein de l’Union Sacrée. Il souligne que le sénateur a manqué l’occasion, depuis plus d’un an, de porter ce débat directement auprès du président Félix-Antoine Tshisekedi.

Le rappel est d’autant plus fort que le chef de l’État s’était lui-même prononcé en faveur d’une révision constitutionnelle lors de ses déplacements à Kisangani, Mbujimayi, Kananga et Lubumbashi, bien avant la chute des villes de Goma, Bukavu et Uvira. Dans un contexte marqué par l’agression rwandaise, Bizibu Balola insiste sur la nécessité de faire bloc derrière le président Tshisekedi, présenté comme le « commandant des troupes ».
Il estime que toute divergence interne ne profite qu’à l’ennemi, Paul Kagame. Pour lui, les leaders du Kivu, région directement touchée par l’occupation, ont une responsabilité particulière : mettre de côté leurs intérêts individuels et leurs divergences jusqu’à la libération totale du territoire. Le sénateur Bahati Lukwebo, originaire de cette région, est donc directement interpellé.
Constat : La sortie de Bahati Lukwebo révèle une fracture au sein de l’Union Sacrée. Alors que le pays traverse une période critique, l’appel à l’unité derrière le président Tshisekedi est présenté comme une exigence patriotique.
Obed Kanyinda