Le Projet d’Entrepreneuriat des Jeunes dans l’Agriculture et l’Agro-business (PEJAB) a été lancé en 2016. Selon les éléments avancés dans ce dossier, son mécanisme de financement reposait sur un circuit impliquant la Banque africaine de développement (BAD), la Banque centrale du Congo (BCC), une banque commerciale et des institutions de microfinance chargées d’accompagner les jeunes entrepreneurs.
Le processus prévoyait une évaluation rigoureuse des projets soumis par les jeunes bénéficiaires, afin de ne financer que ceux jugés bancables et présentant des perspectives de viabilité.
Une chronologie déterminante dans l’appréciation des responsabilités
Un élément essentiel mérite d’être pris en compte dans le débat actuel : Son Excellence Muhindo Nzangi a été nommé en août 2025, alors que la clôture du projet PEJAB était prévue pour décembre de la même année. Il n’a donc exercé ses fonctions que durant environ quatre mois avant la fin du projet.
D’après les informations présentées par ses défenseurs, il aurait trouvé environ 17 millions de dollars sur le compte bancaire concerné et aurait entrepris d’accélérer les activités du projet au cours de cette période. Ils évoquent un taux de réussite de 90 %, attribué au rapport final du PEJAB clôturé en décembre 2025.
Ces chiffres et leur interprétation doivent toutefois être rapprochés du rapport final officiel, notamment pour préciser le montant effectivement disponible, la nature des résultats obtenus et la période à laquelle se rapporte le taux de réussite annoncé.
Les déclarations de la députée Hermione suscitent la controverse
Dans ce contexte, les critiques formulées par la députée Hermione à l’encontre de Muhindo Nzangi alimentent le débat sur l’établissement des responsabilités dans la gestion du PEJAB.
La référence au fait de devoir le « sacrifier », telle que rapportée dans les propos qui lui sont attribués, soulève une question de fond : s’agit-il de rechercher objectivement les responsabilités ou de désigner à l’avance un responsable sous la pression du débat politique ?
Pour les défenseurs de l’ancien responsable, une telle formulation est regrettable, car elle peut donner l’impression qu’une personne est désignée comme victime expiatoire avant même que les faits aient été établis.
Il convient néanmoins de distinguer les déclarations politiques, qui relèvent du débat public, des conclusions d’une enquête menée par les autorités compétentes.
Établir les faits avant de prononcer une sanction
Le principe de responsabilité exige que toute accusation relative à la gestion d’un projet public soit examinée à la lumière des documents financiers, des rapports d’exécution, des audits et des conclusions d’éventuelles enquêtes.
Sanctionner une personne suppose que les faits qui lui sont reprochés soient établis selon les procédures applicables et que sa responsabilité soit démontrée. À l’inverse, réclamer son « sacrifice » sans clarification préalable des faits peut être perçu comme une démarche de stigmatisation plutôt que comme une recherche impartiale de la vérité.
Dans le dossier PEJAB, la chronologie des nominations, les responsabilités respectives des différents intervenants et les résultats consignés dans le rapport final constituent donc des éléments indispensables à l’analyse.
Au-delà des clivages politiques, la transparence doit primer. La meilleure manière de départager les accusations et les arguments de défense reste la vérification indépendante des faits, dans le respect du droit et de la présomption d’innocence. L’objectif ne doit être ni de protéger systématiquement un responsable ni de désigner un bouc émissaire, mais de déterminer objectivement ce qui s’est passé, qui était responsable de quoi et quelles mesures s’imposent au regard des preuves.
Recommandation éditoriale : avant publication, il serait utile de vérifier le rapport final du PEJAB de décembre 2025, notamment le taux de réussite de 90 % et le montant de 17 millions de dollars. Ces éléments sont centraux pour étayer solidement l’argumentaire en faveur de Muhindo Nzangi.
Les Grands Titres