RDC : Le retour du train Kinshasa–Matadi, un succès éclipsé par les critiques

Tribune de Sarah Lotendo, Vice-présidente de la Ligue des Femmes RUSEP

Kinshasa, novembre 2025 – Depuis octobre, la République démocratique du Congo a renoué avec une infrastructure stratégique : la ligne ferroviaire Kinshasa–Matadi. Après plusieurs années d’interruption, le train a repris ses rotations régulières entre les deux villes, marquant une étape importante dans la relance du transport ferroviaire national.

Le voyage inaugural, salué comme une réussite technique et logistique, s’est déroulé sans incident majeur. Pourtant, cet exploit est passé presque inaperçu dans les médias congolais, peu enclins à mettre en avant les avancées de l’Office National des Transports (ONATRA).

Silence sur les réussites, vacarme sur les échecsCe n’est qu’à la suite de l’incident survenu le 9 novembre que la presse nationale s’est emparée du sujet, multipliant les critiques contre le gouvernement et la direction de l’ONATRA. Une réaction qui illustre un travers récurrent : l’opinion publique ne semble s’intéresser aux infrastructures nationales que lorsqu’elles connaissent des défaillances.

Cette tendance à privilégier le dénigrement au détriment de la reconnaissance des progrès interroge. Car applaudir les réussites ne signifie pas fermer les yeux sur les faiblesses, mais encourager ceux qui œuvrent à reconstruire un secteur vital pour le pays.

Un atout économique et social majeur

La relance de la ligne Kinshasa–Matadi dépasse le simple symbole. Elle représente un levier stratégique pour l’économie congolaise :

– Réduction des coûts logistiques : le rail, plus compétitif que la route pour le transport de gros volumes, contribue à faire baisser les prix des denrées alimentaires et à améliorer le pouvoir d’achat des ménages.

– Désengorgement des routes : les axes routiers, souvent saturés et rapidement dégradés, bénéficient d’un allègement grâce au transfert d’une partie du trafic vers le rail.

– Mobilité sociale : le train offre une solution abordable pour les passagers, favorisant les échanges interprovinciaux et renforçant la cohésion nationale.

– Dynamisation locale : la réouverture des gares et haltes ferroviaires stimule l’économie le long du tracé, générant emplois et revenus supplémentaires.

Pour une critique constructive

Face aux défis que représente la modernisation des infrastructures, les autorités et l’ONATRA ont besoin de soutien autant que de vigilance. Les critiques infondées risquent de décourager les efforts entrepris, alors que l’objectif collectif reste clair : maintenir durablement la ligne Kinshasa–Matadi au service du développement économique et du bien-être des Congolais. Applaudir les réussites ne diminue en rien la capacité à dénoncer les défaillances.

Au contraire, cela traduit une maturité citoyenne et un attachement à l’intérêt national. Reconnaître les progrès, c’est déjà contribuer à bâtir le Congo de demain.

Une voix féminine pour valoriser les réussites nationales

En signant cette tribune, Sarah Lotendo, Vice-présidente de la Ligue des Femmes RUSEP, apporte une dimension particulière au débat public. Son appel à reconnaître les avancées, autant que les faiblesses, traduit une volonté de promouvoir une culture de responsabilité et de patriotisme.

Dans un pays où les infrastructures sont souvent jugées à l’aune de leurs défaillances, son intervention rappelle que la critique constructive doit aller de pair avec la valorisation des succès. En tant que femme leader, elle incarne une génération qui refuse le fatalisme et qui milite pour un Congo capable de bâtir son avenir sur ses propres réussites.

La rédaction

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