Le débat autour d’une éventuelle réforme de la Constitution continue de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise. Après la sortie médiatique du Deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, c’est Maître Hervé Mulumba, cadre de l’UDPS/Tshisekedi et vice-président de l’AFDC, qui est monté au créneau.
Dans un message publié sur sa page Facebook officielle, l’avocat a vivement critiqué la position du sénateur Bahati. Selon lui, une loi devient obsolète dès lors qu’elle ne correspond plus aux réalités de la société qui lui confèrent sa légitimité. « Le vieillissement d’une loi commence dès lors qu’elle n’est plus adaptée aux réalités de la société », a-t-il écrit, rappelant que la révision constitutionnelle de 2011 avait été défendue par les intellectuels du régime Kabila, auquel Bahati avait appartenu avant de rejoindre le camp présidentiel actuel.

Hervé Mulumba accuse le sénateur de vouloir « gober le peuple par des théories politiciennes » et l’invite à « apprendre à se taire », rappelant qu’en 2011, la Constitution avait été modifiée sans attendre une décennie.
De son côté, Bahati Lukwebo, lors d’un point de presse tenu le mercredi 4 mars, a réaffirmé son opposition à toute réforme constitutionnelle. Pour lui, le problème du pays ne réside pas dans les textes mais dans leur application. « Il ne faut pas être hypocrite. Quand on aime son chef, on lui dit la vérité », a-t-il déclaré, critiquant au passage l’ancien président de l’Assemblée nationale, Evariste Boshab.
Le sénateur estime que l’argument selon lequel la Constitution serait « dépassée » après 17 ans n’a aucun fondement scientifique. « Le pays n’a pas un problème de textes, mais d’hommes », a-t-il insisté, s’interrogeant sur la cohérence de ceux qui, hier, se présentaient comme les « géniteurs » de la Constitution et qui, aujourd’hui, en demandent la révision.
Obed Kanyinda