COMMUNIQUÉ OFFICIEL DU RÉSEAU DES JOURNALISTES EXPERTS MINIERS POUR LE DÉVELOPPEMENT (RJEMD)

Le Réseau des Journalistes Experts Miniers pour le Développement (RJEMD) suit avec une attention particulière les informations contenues dans le rapport publié le 27 juillet 2026 par l’organisation internationale Human Rights Watch (HRW), mettant en cause les activités de la société pétrolière Perenco dans le territoire de Muanda, Province du Kongo Central, en République Démocratique du Congo.

En tant qu’organisation professionnelle engagée dans la promotion d’une exploitation responsable des ressources naturelles, de la transparence dans le secteur extractif et de la protection de l’environnement, le RJEMD considère avec le plus grand sérieux les préoccupations soulevées par ce rapport concernant les impacts potentiels des activités pétrolières sur la santé des populations et sur les écosystèmes locaux.

Selon les conclusions avancées par Human Rights Watch, les opérations de Perenco auraient entraîné plusieurs formes de dégradations environnementales, notamment une pollution présumée de l’air liée au torchage régulier du gaz provenant des activités pétrolières;
le brûlage à ciel ouvert de certains déchets pétroliers, pratique que l’organisation estime contraire aux exigences de protection environnementale en vigueur en République démocratique du Congo;
une dégradation de la qualité de l’air dans les zones proches des installations pétrolières, avec des risques potentiels pour la santé des communautés riveraines;
des déversements d’hydrocarbures provenant de certains puits et pipelines, susceptibles d’avoir affecté les sols ainsi que les cours d’eau environnants;
des risques sanitaires pour les populations vivant à proximité des sites d’exploitation, notamment en raison d’une exposition prolongée aux polluants atmosphériques et aux substances issues des activités pétrolières.

Human Rights Watch affirme également que certaines infrastructures exploitées par Perenco, notamment des installations et réseaux de transport d’hydrocarbures, présenteraient des signes de vieillissement susceptibles d’accroître les risques de fuites et de contamination environnementale.

Le RJEMD relève également que la société Perenco a rejeté les accusations formulées à son encontre. En réponse aux préoccupations soulevées par Human Rights Watch, l’entreprise affirme que ses activités «ne peuvent entraîner une pollution de l’air, du sol et de l’eau ou des problèmes de santé aigus et néfastes». Perenco conteste ainsi tout lien direct entre ses opérations et les dommages environnementaux ou sanitaires évoqués dans le rapport de l’ONG. La société soutient que ses activités sont conduites dans le respect des normes applicables et réfute les accusations faisant état de pratiques susceptibles de provoquer une pollution chronique dans les zones où elle opère.

Le RJEMD prend également note de l’audit environnemental officiel initié par le gouvernement de la République Démocratique du Congo en décembre 2024 afin d’évaluer l’impact réel des activités de Perenco sur l’environnement et les communautés locales.

Selon les informations communiquées par le Ministère des Hydrocarbures, cet audit est actuellement dans sa phase finale et ses conclusions définitives sont attendues d’ici à la fin du mois de septembre. Le gouvernement a annoncé que le rapport sera rendu public.

Le RJEMD encourage les autorités compétentes à garantir la transparence totale dans ce processus afin de permettre à l’opinion nationale et internationale de disposer d’informations fiables, objectives et scientifiquement établies.

Dans l’attente des conclusions officielles de l’audit gouvernemental, le Réseau des Journalistes Experts Miniers pour le Développement annonce qu’une enquête urgente sera diligentée dans les prochains jours sur le terrain, notamment dans les zones concernées par les allégations de pollution.

Cette mission aura pour objectif de recueillir les témoignages des communautés locales, d’observer la situation environnementale sur les sites concernés, d’échanger avec les différentes parties prenantes, notamment les autorités locales, les experts environnementaux et les représentants de l’entreprise, afin de contribuer à une meilleure compréhension de la situation.

À l’issue de cette enquête, le RJEMD communiquera publiquement ses observations et ses conclusions dans le strict respect des principes journalistiques, scientifiques et éthiques qui fondent son action.

Le RJEMD rappelle que sa mission première est de contribuer à une gouvernance responsable des ressources naturelles, à la diffusion d’une information crédible et équilibrée, ainsi qu’à la défense du droit des communautés à vivre dans un environnement sain.

Le développement économique et l’exploitation des ressources naturelles ne peuvent se concevoir au détriment de la santé des populations, de la préservation des écosystèmes et du respect des générations futures.

Le RJEMD réaffirme donc son engagement à œuvrer aux côtés de toutes les parties prenantes pour la promotion d’une exploitation durable, responsable et respectueuse des normes environnementales en République Démocratique du Congo.

Fait à Kinshasa, le 06 août 2026

Pour le Réseau des Journalistes Experts Miniers pour le Développement (RJEMD)

Apollinaire KASONGA KABIENA

Président national

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