La démission de Jack Mabaya de la direction générale du Fonds d’assainissement de Kinshasa (FONAK) clôt un mandat marqué par de vives critiques. Pour de nombreux observateurs, son passage à la tête de cette institution stratégique restera comme l’un des épisodes les plus sombres de son histoire récente. Créé pour mobiliser des ressources et rendre la capitale plus salubre, le FONAK a, sous sa gestion, sombré dans les soupçons de détournements, de népotisme et de mauvaise gouvernance. Plutôt qu’un acte de responsabilité, cette démission est interprétée comme une fuite face à une accumulation d’échecs.



Dès son arrivée, Mabaya avait suscité des attentes : il devait doter la Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN) des moyens financiers nécessaires pour assurer l’enlèvement régulier des déchets. Mais la réalité a vite démenti ces promesses. La situation s’est dégradée, révélant une incapacité à mettre en place une stratégie cohérente et durable. Sur le plan financier, le bilan est sévère.
Incapable de mobiliser de nouvelles ressources, Mabaya s’est contenté de gérer des moyens déjà insuffisants, souvent dans l’opacité. Plusieurs sources internes évoquent une dilapidation des fonds, notamment ceux issus des sociétés brassicoles comme Bracongo. Ces recettes, censées renforcer les capacités opérationnelles, n’ont eu que peu d’impact : la RASKIN n’a reçu que 12 millions FC (environ 3 000 $ à l’époque) puis 6 millions FC (2 000 $) après insistance de son directeur. Au lieu de chercher des financements additionnels, Mabaya aurait préféré imposer que les ressources déjà allouées transitent par sa direction, afin d’en retenir une part. Une pratique assimilée à une logique de rente, éloignée de toute performance.
La gestion des ressources humaines illustre également les dérives. En quelques mois, le personnel du FONAK est passé de 22 à 53 agents, soit une hausse de plus de 140 %. Ces recrutements jugés injustifiés ont alourdi la masse salariale sans améliorer les performances. Sur le plan managérial, les critiques sont tout aussi fortes. Aucun comité de gestion n’aurait été réuni régulièrement, privant l’institution d’un cadre de concertation et de contrôle. Pour certains agents, cette absence visait à éviter toute contestation des décisions controversées.
Les griefs ne s’arrêtent pas là. Des agents dénoncent des amputations de salaires sans explication, tandis que d’autres pointent l’utilisation abusive des fonds secrets de recherche, détournés de leur vocation initiale. Ces pratiques ont contribué à instaurer un climat social tendu et délétère. Au final, le passage de Jack Mabaya au FONAK apparaît comme une succession d’occasions manquées et de choix contestables.
Son départ, loin de surprendre, est perçu comme l’aboutissement logique d’une gestion décriée, tant en interne qu’auprès des partenaires institutionnels. On dit souvent que « les grands diseurs ne sont pas les grands faiseurs ». L’expérience Mabaya en est une illustration : figure bruyante à l’assemblée provinciale, son mandat au FONAK aura révélé incompétence, opacité et arrogance.
La rédaction