Il est préoccupant de constater que certaines informations sensibles puissent être relayées sans vérification rigoureuse des sources. Lorsqu’il s’agit d’un décès, la responsabilité journalistique impose prudence, recoupement et respect de la vérité.
L’objectif du présent texte n’est nullement de ternir la mémoire de la défunte Julie (Jolie) Nzuzi, mais de rétablir une version des faits appuyée sur les procédures judiciaires engagées et les conclusions médicales officielles.
Contrairement aux rumeurs largement diffusées, Julie Nzuzi n’aurait entretenu aucun différend avec son employeuse. Elle venait à peine de commencer son travail depuis moins de deux semaines lorsqu’elle est décédée.
Chronologie des faits
Le vendredi 23 janvier 2026, Julie passe la journée à s’occuper des enfants de la famille pour laquelle elle travaillait, notamment un nourrisson de sept mois. En soirée, elle informe sa patronne qu’elle se sent souffrante après avoir pris un antibiotique contre une infection.
Aux alentours de 20 heures, la patronne la retrouve alitée, se plaignant de douleurs abdominales. Son mari, alors à l’étranger, est immédiatement contacté et recommande qu’elle soit conduite à l’hôpital, tout en autorisant la prise en charge financière.
Dans un premier établissement médical, après vérification du médicament pris, les soignants estiment que Julie serait en train de faire une fausse couche ou un avortement en cours et refusent son admission. Transportée dans un second hôpital, elle décède pendant l’examen de ses signes vitaux.
La police est aussitôt saisie, un constat est établi et le corps transféré à la morgue du camp Tshatshi.
Interventions et tensions avec la famille
Le lendemain, la famille est contactée. Des rencontres ont lieu à la morgue, mais des contraintes administratives empêchent la visualisation immédiate du corps.
Lors d’un nouvel échange, un agent présenté comme membre du GR, bureau 2, identifié sous le nom d’Amani et proche d’un parent de la défunte, intervient de manière jugée intimidante envers la patronne, tentant de la contraindre à monter dans son véhicule pour être conduite au poste de police.
Face à cette pression, la concernée contacte son époux et cherche protection auprès d’une patrouille officielle.
Il est reproché audit agent d’avoir usé de son influence pour provoquer l’arrestation de l’employeuse en déposant plainte au nom de la famille, en l’accusant d’un scénario d’agression qui n’aurait pas résisté aux confrontations judiciaires.
Instruction judiciaire et autopsie
Après intervention des avocats, le dossier est transmis à la juridiction compétente de Ngaliema. Le juge ordonne une autopsie.
La famille ne s’acquitte pas de sa part des frais, lesquels sont entièrement pris en charge par l’employeuse, désireuse de faire établir la vérité et de laver son honneur.
Le jour de l’examen médico-légal, l’identification du corps démontre l’absence de toute trace de violence : aucune lésion, aucune égratignure. Les versions initiales sont alors modifiées.
Les résultats de l’autopsie concluent à une mort naturelle consécutive à des produits consommés dans le cadre d’une tentative d’interruption de grossesse.
Accusations de chantage et instrumentalisation
Selon ces éléments, le récit d’un assassinat aurait été monté de toutes pièces, avec pour objectif d’exercer des pressions, d’intimider et de susciter une mobilisation émotionnelle susceptible d’aboutir à des compensations financières.
Des démarches judiciaires seraient envisagées contre certains relais médiatiques accusés d’avoir diffusé des informations non vérifiées.
Appel à la responsabilité
Cette affaire rappelle la nécessité pour tous autorités, médias et citoyens d’éviter les emballements, de privilégier les faits établis par la justice et de se garder des campagnes émotionnelles instrumentalisées.
La mort de Julie Nzuzi demeure une tragédie humaine. Elle mérite vérité, dignité et justice et non exploitation, chantage ou manipulation.
La rédaction