Le débat sur une éventuelle révision de la Constitution refait surface en RDC. Alors que certains cadres de l’UDPS, parti présidentiel, ainsi que le chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi, évoquent la nécessité pour les Congolais de réfléchir à une modification de la Loi fondamentale, la position du président de l’AFDC, Modeste Bahati Lukwebo, est sans équivoque : il rejette toute idée de réforme.

Lors d’un point de presse tenu mercredi 4 mars, Bahati Lukwebo a exprimé son opposition à ce projet, estimant que le problème du pays ne réside pas dans les textes mais dans la manière dont ils sont appliqués. « Il ne faut pas être hypocrite. Quand on aime son chef, on lui dit la vérité », a-t-il déclaré, taclant au passage l’ancien président de l’Assemblée nationale, Evariste Boshab.
Pour le deuxième vice-Premier président du Sénat, l’argument selon lequel la Constitution serait « dépassée » après 17 ans n’a aucun fondement scientifique. « Le pays n’a pas un problème de textes, mais d’hommes », a-t-il insisté, avant de s’interroger sur la cohérence de ceux qui, hier, se présentaient comme les « géniteurs » de la Constitution et qui, aujourd’hui, en demandent la révision.
Cette sortie de Bahati Lukwebo met en lumière une divergence notable avec l’UDPS et relance le débat sur la pertinence d’une réforme constitutionnelle. S’agit-il d’une contradiction politique ou d’une réflexion lucide sur les véritables défis institutionnels du pays ? Le dossier reste ouvert et promet de nourrir les discussions dans les prochains mois.
Obed Kanyinda