La question de la double nationalité s’impose de nouveau dans le débat public en République démocratique du Congo, portée avec vigueur par le député national Kasanda Katuala Olivier.
L’élu a lancé une initiative parlementaire d’envergure pour réunir les 250 signatures nécessaires au dépôt d’une révision constitutionnelle.
Il considère l’interdiction actuelle comme un obstacle structurel au développement du pays, estimant qu’elle isole inutilement la RDC dans un monde de plus en plus ouvert et interconnecté.
La réforme proposée s’articule autour d’un principe de compromis. Elle maintiendrait l’exclusivité de la nationalité congolaise pour les fonctions les plus sensibles de l’appareil d’État, notamment celles liées à la sécurité, à la justice et à la diplomatie.
L’objectif affiché est de garantir une loyauté sans équivoque dans les postes stratégiques, tout en évitant les risques de conflits d’intérêts dans la gestion des affaires nationales.
Pour l’immense majorité des citoyens, en revanche, le député plaide pour une reconnaissance pleine et entière de la binationalité.
Cette évolution permettrait aux Congolais vivant à l’étranger de poursuivre leurs parcours académiques et professionnels sans rompre leurs attaches légales avec leur pays d’origine.
Elle faciliterait également le retour des compétences, le partage d’expertise et une meilleure circulation des talents au bénéfice du développement national.
Au-delà des considérations sociales, l’enjeu économique est déterminant. La diaspora congolaise représente une force financière importante, mais reste freinée par un cadre juridique jugé contraignant.
En autorisant la double nationalité, la RDC pourrait renforcer l’attractivité de son économie, stimuler les investissements privés et transformer les transferts de fonds en véritables leviers de croissance durable.
Face aux critiques, Kasanda Katuala Olivier défend une vision pragmatique de la souveraineté.
Selon lui, l’attachement à la nation ne se mesure pas au nombre de passeports détenus, mais à l’engagement réel envers le pays. Il appelle ainsi ses collègues à accompagner cette réforme qu’il présente comme une adaptation nécessaire aux réalités contemporaines.
Si elle aboutit, cette initiative pourrait marquer un tournant majeur dans la relation entre la RDC et sa diaspora, tout en redéfinissant les contours de la citoyenneté congolaise.
Ludovick Iwele