Santé mentale maternelle : une urgence ignorée

La disparition de l’actrice Halima Gadji a provoqué une vague d’émotion et de publications sur les réseaux sociaux.

Mais derrière ces hommages se cache une réalité trop souvent passée sous silence : la détresse psychologique des mères, notamment à travers la dépression post-partum.

Pendant des mois, de nombreuses femmes ont vécu une souffrance profonde, marquée par l’isolement et l’incompréhension. Leur parole a été minimisée, parfois disqualifiée par des jugements stigmatisants : « elle est folle », « elle exagère », « elle ment » A écrit madame Iris Nzolantima . Ce manque d’écoute et de bienveillance a contribué à aggraver leur état, transformant une vulnérabilité en véritable danger.

La santé mentale maternelle reste largement sous-estimée. Pourtant, elle engage directement la vie des mères et l’avenir des enfants. La dépression post-partum n’est pas une faiblesse individuelle, mais une urgence collective. Certaines femmes n’y survivent pas, non pas par manque de force, mais par absence de soutien.Être solidaire ne consiste pas à publier des hommages après coup. La véritable humanité se manifeste lorsque les femmes sont vivantes, fragiles et en quête d’aide.

Reconnaître la dépression post-partum comme une urgence de santé publique, écouter sans jugement et mettre en place des mécanismes de soutien adaptés sont des impératifs.

Aider les vivants sauve des vies. Le reste n’est que mise en scène. Derrière les drames, il y a une responsabilité collective : celle de ne plus détourner le regard face à la souffrance des mères.

Obed Kanyinda

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