Le gouvernement accélère le dossier relatif la lutte contre la désinformation, les actes de diffamation et la cybercriminalité en République démocratique du Congo avec l’interpellation de Sarah Likoko Mbombo, responsable de la Clinique Taille SL. Présentée ce jeudi devant le Parquet près le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa-Gombe, elle est soupçonnée d’implication dans un réseau spécialisé dans la diffusion de contenus diffamatoires dans le cyberespace visant les institutions publiques ainsi que plusieurs hautes autorités du pays, dont le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Selon plusieurs sources proches du dossier, les investigations menées par les services compétents auraient permis de mettre au jour un système organisé de manipulation numérique opérant à travers différents canaux du cyberespace. Les autorités judiciaires reprochent notamment à ce réseau des actes de diffamation, de propagation de fausses informations et d’atteinte à l’image des institutions de la République.
Cette procédure judiciaire intervient dans le prolongement des orientations données par le Chef de l’État lors d’une réunion stratégique consacrée à la sécurité numérique, tenue le 6 mai 2026.
À cette occasion, Félix Tshisekedi avait instruit les ministères de la Justice et de l’Économie numérique de renforcer les mécanismes de lutte contre les réseaux de cyberdiffamation et de traduire en justice les auteurs de campagnes numériques jugées déstabilisatrices.Dans cette offensive contre les dérives numériques, le Ministère de l’Économie numérique joue un rôle central.
Sous la conduite du ministre Augustin Kibassa Maliba, plusieurs dispositifs de surveillance et de coopération technique ont été consolidés afin de détecter et neutraliser les réseaux impliqués dans des activités cybercriminelles.
L’identification du groupe auquel serait liée Sarah Likoko Mbombo est considérée par certains observateurs comme une étape importante dans la stratégie gouvernementale de régulation de l’espace numérique.L’affaire suscite déjà de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique et des milieux politiques.
Alors que l’enquête se poursuit, la justice congolaise est attendue sur l’établissement des responsabilités et la clarification des faits reprochés aux différentes personnes impliquées.Au-delà de ce dossier, cette interpellation traduit la volonté affichée des autorités congolaises de renforcer le contrôle du cyberespace et de lutter contre les abus liés à la diffusion de contenus diffamatoires et mensongers sur les plateformes numériques.
Obed Kanyinda
